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Les Sauvages 1, 2, 3

 Sabri Louatah, Flammarion (janvier 2012 – mai 2012 – aout 2013)

prix du premier roman français par le Magazine Lire en 2012

 

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Vous êtes peut-être resté à l'écart de certains bruissements médiatiques, méconnaissant l'univers des sagas littéraires que vous avez préféré laisser aux écrivains nordiques, prétextant que depuis Balzac, Sue ou Zola, on n'était plus capable, en France, de rivaliser avec les séries télévisées.

 

Vous aviez peut-être, pourtant, suivi l'épopée du XXème brossée par Anne-Marie Garat dans trois tomes éblouissants[1], deux-mille-cinq-cent pages où histoires de famille se mêlent à l'Histoire de 1913 à 1963.

 

Mais seriez-vous passés à côté du dernier avatar du genre, cette histoire d'une France contemporaine où des familles se croisent et se décroisent sur fond d'élection présidentielle de 2012, Les Sauvages, de Sabri Louatah ?

 

Cet écrivain de trente ans, bourreau de travail d'écriture qui en est déjà à trois tomes publiés en un peu plus de un an et demi, n'aura de cesse qu'il ait bouclé sa saga. Et, comme ses prédécesseurs, il est obligé d'accompagner le troisième tome d'un résumé des tomes précédents, comme tout bon feuilleton, et d'un tableau récapitulatif des personnages. Sauf que les familles, rassemblées en clans, s'appellent Nerrouche, Chaouch et Montesquiou.

 

Le candidat à la présidence, Nerrouche, populaire "deuxième génération" du neuf-trois, marié à une non moins populaire Esther, est victime d'un attentat en même temps qu'élu. L'enquête désigne rapidement un des jeunes Chaouch, famille d'origine arabe très bien intégrée à Saint-Etienne, dont on comprend vite que, si c'est lui qui a tiré, il a subi diverses les manipulations  qu'il a subies sont diverses ; venant d’une part d’un de ses cousins Chaouch, qui, plutôt isolé dans sa famille a viré du côté de l'islamisme ; et d’autre part du le clan du baron Amaury de Montesquiou, dont les enfants se partagent entre ceux qui tirent les ficelles de la droite ou de l'extrême-droite, et ceux qui sont étouffés par la rigidité familiale.

 

Cette histoire, située entre Saint-Etienne, berceau de la famille Chaouch, Paris, centre politique et un des fiefs, avec la Normandie, de la famille Montesquiou, un Grogny imaginaire du neuf-trois, cité d'adoption et de cœur de la famille Nerrouche, nous entraine dans les méandres de démêlés politiques, judiciaires, amoureux, avec une maitrise qui gomme quelques défauts de jeunesse dans l'écriture.

 

Et le troisième tome, dont la fin nous conduit à Gênes, porte maritime vers AQMI, et dans l'avion présidentiel vers le G8 de New-York, nous laisse sur un suspense insoutenable ; l'addiction qu'il provoque nous rendrait presque inconvenants : si Sabri Louatah est capable d'écrire dix heures par jour, il pourrait peut-être forcer encore la dose pour ne pas nous faire attendre trop longtemps le quatrième (et dernier ?) tome.

 

Si vous ne voulez pas en être réduits à découvrir la version série télévisée (forcément moins bien) qui ne saurait tarder, dépêchez-vous de vous plonger dans Les Sauvages 1, puis 2, puis 3, et recommandez-en la lecture à vos grands élèves, à moins qu'ils ne s'y soient déjà plongés sans vous le dire !



[1] Dans la main du diable (2006), L'Enfant des ténèbres (2008), Pense à demain (2010), Anne-Marie Garat, Actes Sud.



07/01/2014

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